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dimanche 16 mars 2008

Mais c'est n'importe quoi!



Un beau matin, en ouvrant l'éclairage de mon aquarium de poissons tropicaux, voilà que je vois un bébé guppy venir à ma rencontre en nageant allègrement.
- Mais d'où sort-il donc celui-là, que je me dis!

Ça doit bien faire plusieurs mois que je n'ai plus de guppys dans mes aquariums, les ayant tous rapportés un jour chez le marchand. Trop prolifiques, ces p'tites bêtes là! Et les mâles, qui n'arrêtent pas de courir après tout ce qui bouge. Ils en sont étourdissants!

Maintenant je me contente de tétras, très colorés et bien vivants eux aussi, des néons bleus, roses et même un Ancitrus qui a trouvé refuge en dessous de la grosse bûche. Il est gêné, lui, il ne sort que la nuit, à la noirceur, quand tout le monde dort.

Mais voilà qu'on se regarde, le guppy et moi, essayant de faire connaissance.

- Fallait-il que tu aimes la vie, toi, petite créature minuscule, sans famille...et ce depuis plusieurs mois.

Je ne comprends pas trop...la période de gestation des guppys dure de 24 à 28 jours .

dimanche 23 septembre 2007

Le syndicat



Parfois je me demande si le syndicalisme ne sert pas plus à nuire à ses collègues de travail plutôt qu'à torturer les employeurs.
Dans la boîte où je bosse, j'occupais un remplacement de cinq jours semaines à un poste sans titulaire depuis plus d'un an. Une personne a été désignée par "ancienneté" (mot très important dans le contexte) pour l'occuper. Elle a le droit de "l'essayer" pendant vingt jours, période où elle ne perdra pas son poste permanent actuel qu'elle détient déjà à temps complet dans un autre département. Remarquez que je n'ai rien contre ça. En prime, elle était toujours de jour alors que le poste dont il est question ici a été établit de soir. Moi, je perds le remplacement même si l'essai ne dure seulement qu'un jour, c'est à dire un soir.
- Vas-tu le garder ce poste? je lui demande
- Ah bien non, je viens juste l'essayer trois ou quatre jours.
- Comme ça, je vais me reposer quelques jours et ensuite on va me le redonner en remplacement jusqu'au prochain essai.
- Ah bien non, dit-elle, ils vont le donner à la miette, au jour le jour quand je le laisserai. C'est pas à toi ce poste, il y en a des bien plus vieilles que toi pit pit pit pit pit je ne l'écoute plus.
Elle m'aurait dit "Je viens l'essayer pour t'en priver" que ça aurait été du pareil au même! Qu'est-ce que ça lui enlève donc? C'est quoi cette peur? Je ne comprends pas.
J'ai de la chance, je ne suis plus monoparentale avec de jeunes enfants.
Mais quel ambiance!

lundi 17 septembre 2007

Madame Paloquin



- Avez-vous une madame Paloquin?

- Madame qui?

- Ben madame Paloquin...

- Voulez-vous dire madame Péloquin?

- Ben, c'est ça que j'ai dis. Madame Paloquin.

dimanche 9 septembre 2007

Autonomie



Une femme s'avance vers mon guichet, un ticket de stationnement à la main:

- "Madame? Moi, je suis bien dépendante de mon mari. Pouvez-vous me dire comment ça marche ça?" Qu'elle me demande en me présentant son coupon.

- "Vous payez dans la machine là" que je lui réponds.

Elle se dirige vers le truc en question. Il y a un gars devant elle.

- "Monsieur, moi je suis bien dépendante de mon mari, pouvez-vous m'aider à payer ça?"

Le gars, compatissant, prend son billet ainsi que son 20$ et les insère dans les fentes respectives.

Que c'est désolant!

samedi 1 septembre 2007

La poursuite




La température avait été clémente cette année là et ils étaient partis pour le week-end. C'était le dernier week-end avant la fête du travail. Léo, derrière le volant de sa Sonata et Léa farfouillant dans le coffre à gant à la recherche d'une cassette, histoire de se faire un peu de musique. Ils avait remorqué la tente-roulotte derrière et tout filait comme sur des roulettes.

Ils se rendaient chez des amis dans le coin du Lac Mégantic et devaient prendre la Nationnale 112 à la sortie de Sherbrooke.

C'est à Ascot Corner, une quinzaine de kilomètres de Sherbrooke que Léa décida qu'elle voulait arrêter pour se dégourdir un peu. À cet endroit, la route était encore sur double voie. Ils aperçurent un petit garage-dépanneur-restaurant un peu plus loin et Léo mit son clignotant pour transférer dans la voie de droite. Une vieille Chrysler roulait déjà dans cette voie et ne donnait aucun signe de coopération. Léo appuya sur l'accélérateur et la doubla pour s'envoyer dans la travée de droite et par la suite s'engagea dans le stationnement du restaurant.

Arrêtés devant la pompe à essence paralelle à la route, ils regardèrent la Chrysler se coincer droit devant eux à une dizaine de pieds. Une fille et un gars. Ça gesticulait et argumentait fort là-dedans. Bras dans les airs et une couple de poussées. Léo et Léa n'entendaient pas les cris car les vitres étaient fermées. À un moment, le gars se pencha en avant, puis ouvrit brusquement la portière du véhicule. Il en sortit, une grosse chaîne de métal à la main.

Léa eut à peine le temps de remarquer son visage halé parsemé d'un relent de petite vérole ainsi que sa couette de cheveux graisseux lui tombant sur le front. Léo embraya en première et fila à toute allure sur la route, la remorque valsant derrière eux. Ni de un, ni de deux, le gars sauta dans sa voiture et décida de les poursuivre.

- "Il est fou" dit Léa et je n'ai même pas mon cellulaire.
- "J'ai de l'essence en masse" répondit Léo. Il était secrètement exalté par cette chance inespérée de tester la puissance de son moteur.

Il n'était pas question de prendre un chemin de traverse quelconque car, incapable de reculer rapidement à cause de la tente-roulotte, ils auraient été susceptibles d'être pris au piège dans un cul-de-sac. Les arbres, les champs et les collines défilèrent à une vitesse folle pendant plus d'une heure.

Longtemps, ils ont pu voir le petit point noir qu'était devenue la Chrysler loin derrière eux.

Tenace le balafré!

Enfin, à la suite d'un long passage droit, il n'y eu plus de menace dans le rétroviseur et Léo en profita pour prendre une route secondaire à un croisement. Il roula encore un peu et arrêta la voiture sur le bord de la chaussée.

- On l'a semé.
- Oui, on l'a semé.




mercredi 22 août 2007

Petite nature!

Aujourd'hui, je me suis fait donner une infiltration de cortizone dans l'épaule. Il paraît que c'est bon pour les tendinites. Après une heure et demie d'attente, on me fait enfin entrer dans une salle et coucher sur la table d'examen et là le petit médecin chinois entre me rejoindre. Il pose le petit piqué ici, met du liquide là, retouche le piqué et encore du liquide. Et il entreprend de me détailler tout ce qu'il va faire. "Oh arrête de blablater" que je pense, moi les détails je peux m'en passer.

- "Moi, je fais ça avec beaucoup de cérémonie" qu'il me dit. "Et il ne faut surtout pas bouger". (Ses propos me donnent justement envie de bouger, de prendre mes jambes à mon coup.)

Après environ quinze minutes de "cérémonie" et mon appréhension qui est à son paroxisme, je le vois s'approcher avec une grosse aiguille.

- "Ouch" je ne peux m'empêcher de faire quand il touche l'os, le muscle, le nerf, le cartillage, le tendon, le dépot de calcium quoi, je ne sait trop...

Pour faire bonne figure, je lui dis: "Que voulez-vous? je suis une petite nature"

- "Tite nature! Tite nature! qu'il me lance (avec son ti accent chinois:) "quoi ça veut dire ça?"

- "Feluette" que je rétorque aussitôt.

Il éclate de rire: "Feluette...Feluette, hehehe que c'est drôle. Quoi ça veut dire ça?"

Et moi, toujours patiente et qui commence à rire à l'unisson car la piqûre est terminée: "Ça veut dire que je ne suis pas capable d'en prendre beaucoup".

- "Hehehe tite nature, tite nature va!" qu'il me dit avec un grand éclat de rire.

Je lui répond: "Coudonc, j'ai fait votre journée là moi, et bien j'espère que vous allez faire mes nuits car ça fait plusieurs mois que j'ai le sommeil torturé de douleur".

Et ça seulement l'avenir le dira...

samedi 18 août 2007

Obstination



Je suis au travail et une fille du département voisin me dit de lui appeler un tel...

- "Est-ce en urgence?" que je lui demande.
- "Non, c'est ordinaire" qu'elle me répond.
- "Donc tu le fais toi-même" que je lui dis.
- "Mais, on m'a dit que c'était toi qui le faisais".
- "Non, moi je le fais seulement quand c'est en urgence. Là, tu le fais toi-même".
- "Mais, on m'a dit que je te le demandais".
- "Tu me le demande quand c'est en urgence car J'ai des procédures dans ces cas là. Donc là, tu le fais toi-même".
- "Mais, on m'a dit que je te le demandais".
- "Non tu le fais toi-même".

Continuez ce dialogue pendent deux autres pages et là, ma patience est en train d'en prendre pour son rhume.

Deux pages plus tard...

- "Ta copine, elle fait quoi?" que je lui demande. (car elles sont deux dans ce département)
Et elle, de me répondre - "Elle le fait elle même".
- "Bon, alors toi aussi, tu le fais toi-même".
- "Mais on m'a dit que je te le demandais".

Et c'est reparti!

Encore deux autres pages plus tard...

- "As-tu fini de m'obstiner? Dorénavant, tu le fais toi-même".
- "Mais je ne t'obstine pas" qu'elle me répond
- "C'est ça...et mon nom c'est Bozo!" que je lui dit.

jeudi 16 août 2007

Le chien qui promène la femme



J'ai vu des femmes promener leur chien, des hommes promener leur chien et à l'occasion, des enfants promener leur chien. Mais un chien qui promène sa femme!!! J'avais jamais vu ça.

Eh oui! Dans le stationnement de l'institution où je travaille, un chien promène sa femme tous les soirs. C'est lui qui décide où il erre et il marque son territoire à sa guise un peu partout. Là, derrière la grosse colonne de brique. Là, près de la clôture. Fait le tour de la voiture ici, fait le tour de l'autre voiture là-bas. Va sur le côté de la clôture par là. Et elle, et bien, elle le suit tout partout. Elle marche à petits pas. Un petit pas par-ci, un petit pas par là, un pas par devant, deux pas par derrière. Elle fait le tour de la colonne, fait le tour de la voiture rouge, ensuite la verte ect. ect. et ya rien de trop beau pour Pitou.

Vous me direz: " Bien sûr que si le chien est gros et musclé, la madame peut pas faire autrement".

Pantoute! C'est un tout petit chien mais tous les soirs, il a son heure de gloire.

Et puis toi, t'es assise sur le petit banc en train de prendre l'air, puis le petit chien vient te renifler encore et encore. Puis toi, tu ne veux pas établir la conversation et t'espère qu'elle ne parlera pas non plus. Elle parait tellement ridicule.
Moi, j'avais jamais vu ça sauf peut-être dans les bandes dessinées et je me demande encore comment elle fait pour le ramener à la maison.

jeudi 9 août 2007

Ma belle Doudou




Voici ma belle Doudou. Je l’appelle Doudou car elle est douce douce douce, dans tous les sens du poil. Jamais elle ne se plaint. Elle passe la journée à se prélasser sur mon lit qu'elle n'a pas l'autorisation de fréquenter la nuit. Elle a sa chambre au sous-sol dans la salle de toilette où elle couche chaque nuit. Non, non, elle ne repose pas sur le plancher par terre, elle a sa boite ainsi que sa couverture. Des fois dessus, des fois dessous, c'est elle qui décide. Oh je me suis déjà aventurée à la laisser "lousse" dans la maison, la nuit, pendant un bout de temps et mon sommeil s’en est trouvé fort compromi. Ces nuits, elle les a passé couchée au pied de mon lit à se lécher au lieu de dormir et je sentais continuellement un mouvement. Je me croyais dans une chaloupe. Un jour, épuisée, je décide donc qu’elle regagne ses quartiers du sous-sol.

A la suite de quoi, pendant plusieurs mois, je sens bouger la nuit dans mon lit. Je suis encore dans la chaloupe. Au début à moitié endormie, je crois que c’est Doudou que j'ai oublié de "serrer" pour la nuit et tout à coup je réalise que c'est impossible que se soit elle car je l'ai "serrée" dans sa chambre, je m'en rapelle. Ensuite je pense que j’ai des hallucinations . Les symptômes persistent pendant plusieurs mois. J'en parle même à un médecin. (J’avais peut-être attrapé une maladie cognitive).

« Des fois, la nuit, il y a des tremblements de terre » qu’il me dit.

Bon, ça ne règle pas mon problème ça. Je conte mon histoire à gauche et à droite et quelqu’un me suggère de faire des incantations le soir avant de m’endormir pour faire sortir le méchant et éloigner les mauvais esprits. (Et oui, j’en était rendue là)

Septique, je n’ai quand même rien à perdre. Donc avant d’aller au lit, chaque soir, je dis à haute voix :
« JE NE VEUX PAS VOIR PERSONNE ICI CE SOIR »

Au bout de quelques jours de ce régime, fini le brassage de lit. Plus rien. Ils…Elles…L’âme de ma chatte s’en est retournée dormir avec elle dans sa chambre, au fond du sous-sol.